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Coronavirus : du gel hydroalcoolique fabriqué au laboratoire Cosmetosource de Fontannes (Haute-Loire)

Cosmetosource

Depuis ce lundi 16 mars, l’usine Cosmétosource de Fontannes (Haute-Loire), a modifié son activité pour produire gel ou solution hydroalcoolique en quantité.

“On a complètement revu notre activité. De toute façon, on ne peut pas fabriquer autre chose.” L’entreprise fontannoise Cosmetosource, gérée par Michaël Klein, a complètement changé depuis ce lundi 16 mars, tout en continuant dans un domaine correspondant à ses moyens. Spécialisée dans la création de cosmétiques bios principalement, elle s’est reconvertie en urgence dans la fabrication de gel et de solution hydroalcoolique.

“On avait le choix : soit fermer, soit mettre à disposition notre alcool et nos flacons.” Techniquement, cette nouvelle production n’imposait aucun changement à l’entreprise. “Sur le principe, il s’agit d’histoires de mélanges. Il a néanmoins fallu se remettre à  niveau réglementairement.” La semaine passée, l’entreprise a donc fait la demande d’autorisation pour pouvoir manipuler des doses supérieures d’alcool. Obtenue rapidement, elle lui a permis de lancer la production dès ce lundi.

Trois mille litres de gel ou solution par jour

Les évolutions qui ont suivi sont de l’ordre de la logique : “On a des achats un peu différents, des fournisseurs différents. Les équipements sont les même que d’habitude, seule la façon de travailler change un peu : les produits sont plus dangereux, on a des mesures de sécurité différentes. Et les volumes traités ne sont plus les mêmes.”

L’entreprise, spécialisée, d’ordinaire, dans les productions en moyennes et petites séries, est passée à de la production en quantité. “On est capable de faire environ 3.000 litres de solution ou de gel par jour. Et en conditionnement, on pourrait produire 10.000 flacons par jour.  Mais là, on fait majoritairement du grand format.”

Des stocks dédiés aux professionnels de la santé et aux entreprises

 

Concernant les ventes, les stocks sont “dédiés aux professionnels de la santé et aux entreprises. L’ARS s’occupe du recensement des stocks de produits, les entreprises et les professionnels de santé passent les commandes”. Le prix, lui, est fixé par l’Etat. “Le seul aléa qu’on a, c’est qu’il n’y a pas de limite quand on achète notre matière première”, remarque Michaël Klein.

Et la production ne souffre aucune fantaisie : “Il n’y a ni graphisme particulier, ni emballage précis, ni parfum.” L’essentiel c’est de produire. Et l’entreprise, qui a refusé de fabriquer du gel hydroalcoolique pour certains de ses clients, ne pense pas à la suite. “Aujourd’hui, on est dans l’action, l’urgence. On ne sait pas du tout ce que les transports et les magasins pourront avaler ensuite.”

Pour maintenir une activité sur le site

Ce changement drastique d’activité, Michaël Klein l’a décidé pour pouvoir maintenir une activité sur le site. Et cela a permis de limiter l’impact de la crise sur le personnel : “aujourd’hui, seul le personnel administratif, marketing et commercial est à l’arrêt.”

Quant aux mesures de sécurités liées à l’épidémie, le gérant précise : “On a donné des instructions. Mais dans les faits, nos employés sont habitués à travailler avec blouse, charlotte, gants et masque. En revanche, les transporteurs ne rentrent plus dans l’usine. On a fait un drive : on passe les livraisons par la fenêtre.”

 

Pierre Hébrard

La Montagne